Comment la langue structure notre pensée

Il existe environ 7 000 langues parlées dans le monde et toutes ces langues diffèrent les unes des autres : elles ont des sons différents ainsi que des structures et des vocabulaires différents. 

« Je parle français à mes diplomates, italien à mes maîtresses, espagnol à Dieu et allemand à mon cheval ». De cette citation attribuée à Charles Quint, probablement apocryphe, peut-on en déduire que des langues seraient mieux adaptées que d’autres à certains domaines ?

Les langues ne font-elles qu’exprimer des pensées, ou les structures des langues (à notre insu) façonnent-elles les pensées mêmes que nous voulons exprimer ? L’apprentissage de nouvelles langues peut-il changer votre façon de penser ? 

En 2014, le neurolinguiste grec Panos Athanasopoulos, de l’université anglaise de Lancaster, a émis l’hypothèse que la grammaire anglaise encourageait l’analyse du fait de l’utilisation du présent continu (ce temps de la langue anglaise qui n’existe ni en français ni en allemand et qui insiste précisément sur l’action en train de se dérouler), tandis que la grammaire allemande serait plus encline à la synthèse.

Son expérience a démontré que les locuteurs bilingues mettaient plus l’accent, lorsqu’ils se servaient de l’anglais, sur l’action en cours, et lorsqu’ils employaient l’allemand, sur sa finalité. (source ça m’intéresse)

Lera Boroditsky, professeure agrégée de sciences cognitives à l’UCSD, a mené des recherches sur ces questions. En 2017, lors d’une conférence intitulée « how language shapes the way we think »  à l’aide d’exemples, elle cite quelques différences linguistiques qui peuvent influencer notre façon de penser :

– notre façon d’exprimer notre place dans l’espace influe sur notre sens de l’orientation. Exemple du peuple Thaayore qui ne s’exprime qu’en utilisant les points cardinaux, etc…

– le sens de lecture et la représentation du temps, de gauche à droite ou de droite à gauche pour l’hébreu et l’arabe.

– la possibilité de compter précisément ouvre le monde des mathématiques. Dans certaines langues, les nombres n’existent pas.

– différencier les nuances de couleurs par des mots, apporte une précision et une rapidité d’observation. Exemple du russe qui différencie par deux mots différents le bleu foncé et le bleu clair.

– les genres féminin/masculin ont une influence sur notre façon de percevoir tout ce qui est désigné par un nom. Exemples de mots qui sont féminins en allemand et masculins en espagnol auxquels on attribue des adjectifs plus ou moins « virils ».

– la langue guide notre raisonnement au sujet des événements. Exemple de la description d’un accident par un anglais et un espagnol, qui se différencie au niveau de la responsabilité, et donc a une influence sur le témoignage qui en est fait.

Ces études parmi d’autres, ont déterminé que la langue parlée nous habitue à percevoir le monde et à penser d’une façon particulière qui peut être différente de nos voisins, relations ou collègues étrangers.

C’est pourquoi il peut être intéressant pour les entreprises de recruter du personnel multilingue ou de former leurs collaborateurs à plusieurs langues et cultures, afin d’appréhender des marchés ou des projets sous d’autres angles.

Chez Birdwell, nous sommes spécialisés dans la formation linguistique et interculturelle pour les entreprises et leurs salariés, depuis plus de 30 ans. Nos formateurs sont natifs de la langue qu’ils enseignent et ont pour la plupart aussi une expérience en entreprise, ce qui leur permet de transmettre aux apprenants la culture de leur pays en même temps que celle du monde du travail.

Pour en savoir plus sur les langues que nous enseignons, n’hésitez pas à nous contacter.

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