La culture comme avantage concurrentiel en 2026

Bonne année à toutes et à tous — et puisse 2026 vous apporter la santé, la curiosité et quelques vraies surprises joyeuses.

Comme chaque année, 2025 a eu sa part d’inimaginable : ces gros titres qui vous font vous arrêter et relire, simplement pour être sûr d’avoir bien compris. Certains événements ont fait naître l’espoir ; d’autres ont été profondément bouleversants. Par moments, on a l’impression que le monde se défait. Suivre l’actualité internationale peut être à la fois décourageant et exaspérant. Une réaction consiste à adopter la « stratégie de l’autruche » : détourner le regard en espérant que la turbulence finira par passer. Une autre est de rejeter l’information en bloc, en la jugeant inexacte, exagérée ou « fake news ». Pourtant, le dilemme demeure : si nous ne suivons pas l’actualité, nous risquons d’être mal informés ; si nous la suivons, nous pouvons malgré tout craindre d’être désinformés.

Des raisons d’espérer… encore

Du côté positif, 2025 nous a rappelé que la coopération internationale reste possible lorsque les acteurs décident qu’elle est nécessaire.

Un exemple : le Traité sur la haute mer (souvent présenté comme un traité de protection des « eaux internationales ») est enfin devenu réalité en 2025, après qu’un nombre suffisant de pays l’a ratifié pour permettre son entrée en vigueur en 2026 — une étape concrète vers la protection des zones océaniques au-delà des frontières nationales.

Autre exemple : lors de la COP16 sur la biodiversité, les pays se sont accordés sur un plan visant à mobiliser des financements majeurs pour la protection de la nature — un compromis imparfait, mais le signe que le multilatéralisme peut encore avancer.

Et en santé publique, les progrès se sont poursuivis en matière de vaccination et de prévention — notamment avec l’accélération du déploiement des vaccins contre le paludisme et le renforcement de la vaccination de routine après les perturbations liées à la pandémie.

… et des réalités douloureuses

Du côté plus douloureux, 2025 nous a aussi confrontés à la cruauté de conflits non résolus et à la fragilité de sociétés sous pression.

La guerre civile au Soudan s’est poursuivie, avec un coût humain vertigineux, des déplacements massifs et des conditions de famine dans certaines régions du pays.

La guerre en Ukraine s’est prolongée, année après année, devenant tragiquement « normale » dans les cycles médiatiques, alors même que des vies ordinaires continuaient d’être brisées.

Et la planète elle-même a continué d’envoyer des signaux de plus en plus urgents : 2025 s’est classée parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, avec des pertes considérables et des décès liés à des catastrophes climatiques.

Alors oui — du bon et du mauvais, de l’espoir et du chagrin, de la résilience et, tout simplement, de l’épuisement. C’est dans ce monde-là que nous entrons en ouvrant 2026.

Pourquoi la culture n’est plus optionnelle

Et c’est précisément pourquoi je crois que la compétence multiculturelle n’est plus un « plus » facultatif. À mesure que la démocratie et la mondialisation semblent reculer dans de nombreux endroits, comprendre les arrière-plans culturels — de nos amis, collègues, clients, partenaires commerciaux et fournisseurs — devient encore plus essentiel pour la stabilité, la confiance et la performance. Les enquêtes et les discussions autour des « risques » décrivent de plus en plus un monde façonné par la confrontation géopolitique et géoéconomique plutôt que par l’intégration. Dans cet environnement, la culture cesse d’être un « sujet doux » : elle devient une compétence pratique, un moyen de réduire les frictions, d’éviter les malentendus et de maintenir des relations productives lorsque le contexte est incertain.

La culture au quotidien : des exemples concrets

Dans mon travail, cela se manifeste de manière très concrète.

Prenons la question de la « face » dans la culture espagnole : ce qui ressemble à un « simple retour » pour l’un peut être vécu comme une humiliation publique pour l’autre, avec des conséquences qui perdurent bien après la réunion.

Ou encore l’art de se connecter à l’esprit intellectuel français en formation : si l’on cherche à « simplifier » trop vite, on risque de perdre l’auditoire ; si l’on mobilise le raisonnement et la nuance, on gagne l’attention et le respect.

J’observe aussi un défi récurrent chez beaucoup de clients américains : convaincre des professionnels talentueux que la culture n’est pas un simple décor — elle façonne la manière dont les décisions sont prises, dont les conflits sont gérés, à quoi ressemble le « professionnalisme », et même ce qui est considéré comme une « communication claire ». Il existe plus d’une manière légitime de faire, de voir et d’être au monde.

Et avec les expatriés indiens, je reviens souvent à un thème clé : le temps nécessaire pour construire la confiance. Dans certaines cultures professionnelles, comme aux États-Unis, la confiance est accordée d’emblée jusqu’à preuve du contraire ; dans d’autres, comme en France, elle se gagne par des interactions répétées, par la fiabilité dans la durée et par une lecture attentive des intentions. Si nous ignorons cette différence, nous créons une solitude inutile pour les nouveaux expatriés et une frustration inutile pour les équipes d’accueil. Si nous la reconnaissons, nous pouvons concevoir une intégration plus fluide et des attentes plus claires.

Tout cela m’amène à une citation que j’aime beaucoup — et que je propose comme petit « exercice de pensée » pour l’année à venir. Beaucoup l’attribuent à une figure politique française, Édouard Herriot, mais son histoire est complexe : elle est souvent attribuée à tort à Herriot, et des recherches en retracent des versions jusqu’à la pédagogue suédoise Ellen Key.

La culture est ce qui reste quand on a oublié ce qu’on a appris.

Prenez un instant pour y réfléchir. Pensez à tout ce que vous avez appris puis désappris, ou simplement oublié : des faits du collège et du lycée, des formules universitaires, des processus professionnels dépassés, des mots à la mode disparus, des méthodes remplacées par de meilleures. Et pourtant, quelque chose demeure — une « boîte noire » silencieuse qui guide la manière dont vous interprétez le ton, le statut, le conflit, le silence, la vitesse, la hiérarchie, la proximité, les règles, les exceptions, et ce qui compte comme du respect. Ce reste, c’est souvent la culture : non pas les étiquettes visibles, mais les réflexes invisibles.

Un souhait pour 2026

C’est pourquoi, en ce début de 2026, mon souhait pour nous tous n’est pas la perfection — mais l’empathie et la capacité d’adaptation.

Dans les Alcooliques Anonymes, la « prière AA » la plus connue est la Prière de la Sérénité : elle demande la sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé, le courage de changer ce qui peut l’être, et la sagesse de faire la différence. Je trouve cette grille de lecture étonnamment utile aussi dans la vie multiculturelle. Nous ne pouvons pas « changer » le système d’exploitation culturel des autres. Mais nous pouvons changer nos propres réponses : notre curiosité, notre écoute, notre humilité, et notre volonté d’adapter ce que nous pouvons — le rythme, la manière de donner du feedback, la structure des réunions, l’approche de la négociation, et la façon de construire la confiance.

Alors, à 2026 : une année où nous abordons la différence avec moins de jugement et plus de compétence ; où nous remplaçons « c’est bizarre » par « c’est différent — aide-moi à comprendre » ; et où la culture devient non pas un obstacle, mais un pont que nous apprenons à construire délibérément.

  • William

    William Birdwell, PDG et fondateur de Birdwell Business Communication & Cultures, est un formateur expert...
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