L’individualisme et le collectivisme sont des dimensions culturelles très importantes qui ont fait l’objet de nombreuses recherches dans le domaine de la sociologie et de l’anthropologie culturelle. Nous abordons souvent le sujet de cette dynamique culturelle dans nos séminaires interculturels. J’ai tendance à ne l’aborder que très brièvement lors de mes formations et peut-être pas autant que je le devrais. Pourtant, il s’agit d’une distinction extrêmement importante entre les cultures, qui a un impact considérable sur notre comportement et notre vision du monde, sur les systèmes éducatifs, ainsi que sur les interactions sociales et professionnelles.

Dernièrement, j’ai lu un article intéressant publié par l’APS (Association for Psychological Science) basée à Washington D.C. L’article s’intitulait « Individualistic Practices and Values Increasing Around the World » (en français : « Pratiques et valeurs individualistes en augmentation dans le monde »), du 17 juillet 2017. J’encourage toute personne intéressée par cette dimension à le lire. Le contenu de ce billet est tiré de l’article de l’APS.

Historiquement, l’individualisme est surtout associé aux pays occidentaux, mais des recherches récentes montrent que l’individualisme progresse à l’échelle mondiale. D’une manière générale, ces études révèlent que le progrès social et économique favorise considérablement la montée des valeurs individualistes dans un pays sur le long terme. Il existe toutefois quelques exceptions.

« La plupart des recherches sur les manifestations de la montée de l’individualisme, qui se traduisent par exemple par une augmentation du narcissisme et des taux de divorce plus élevés, se sont concentrées sur les États-Unis. Nos résultats montrent que cette tendance s’applique également à d’autres pays qui ne sont pas occidentaux ou industrialisés », explique Henri C. Santos, chercheur en psychologie à l’université de Waterloo. « Bien qu’il existe encore des différences entre les pays en matière d’individualisme et de collectivisme, les données indiquent que, dans l’ensemble, la plupart des pays évoluent vers un plus grand individualisme. »

« Sur la base des données recueillies dans le cadre de la World Values Survey, M. Santos, Igor Grossmann (Université de Waterloo), auteur principal de l’étude, et Michael E.W. Varnum (Université d’État de l’Arizona), coauteur de l’étude, ont examiné 51 années de données collectées décrivant les valeurs et les comportements individualistes dans 78 pays.

Le principe de base, commun à toutes les cultures individualistes, est de percevoir les personnes comme étant autodéterminées et indépendantes. Elles valorisent avant tout l’autonomie et l’individualité. Les cultures collectivistes, quant à elles, considèrent que les individus sont liés aux autres et font partie d’un écosystème social et professionnel plus vaste. Elles valorisent avant tout l’interdépendance, les liens familiaux, les relations interpersonnelles et la conformité sociale.

Les chercheurs ont mesuré l’individualisme à travers les cultures, en examinant des données sur la taille des ménages, les taux de divorce et la proportion de personnes vivant seules. Ils ont examiné des données sur la valeur que les gens accordent à leurs amis et à leur famille, l’importance que les parents accordent à l’apprentissage de l’indépendance à leurs enfants et l’importance ou la valeur de l’expression personnelle.

Durant ces études, ils ont également examiné des données sur des aspects socio-écologiques spécifiques. Ils ont pris en considération :

le niveau de progrès socio-économique (c’est-à-dire les emplois administratifs et de gestion, les niveaux d’éducation et les niveaux de revenus des ménages)

la fréquence des catastrophes,

les problèmes extrêmes liés à l’environnement/au climat

Cela a permis d’expliquer tout mouvement de progression ou de recul du comportement individualiste au fil du temps.

À l’échelle mondiale, les résultats indiquent que les valeurs et les comportements individualistes ont augmenté de 12 % depuis 1960. 39 pays sur 53 ont affiché une augmentation significative de l’individualisme. Le développement économique et l’éducation ont été les principaux moteurs de l’augmentation mondiale de l’individualisme.

Les chercheurs soulignent que « la Chine est une exception à cette tendance, puisqu’elle a enregistré une baisse des valeurs individualistes malgré sa croissance économique. La Chine ayant une histoire socio-économique complexe, il sera intéressant d’étudier ce pays plus en détail dans le cadre de futures recherches. »

L’individualisme dans notre vie quotidienne, au sein de la famille, à l’école et au travail, se manifeste de nombreuses manières, tantôt évidentes, tantôt subtiles. L’individualisme peut être très différent d’une culture à l’autre, comme dans le cas de l’individualisme américain et suédois.

Les mentalités individualistes et collectivistes ont leurs avantages (bénéfices) et leurs inconvénients (risques) au travail. Les deux mentalités ont des incidences différentes sur la communication, le processus de prise de décision, l’innovation, etc. En réalité, l’une n’est pas meilleure que l’autre. Elles sont simplement différentes. Il n’est jamais facile, au début, d’adapter notre comportement professionnel à l’une ou à l’autre. Cependant, lorsque nous apprenons à nous adapter, à travailler avec ou autour et à utiliser le meilleur des deux mentalités, nous développons notre flexibilité, notre résilience et nous nous épanouissons énormément dans notre vie professionnelle.

  • William

    William Birdwell, PDG et fondateur de Birdwell Business Communication & Cultures, est un formateur expert...
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