Pourquoi interprétation n’est pas traduction ?

L’interprétation : voilà un mot que l’on range bien volontiers dans le terme « traduction ». Après tout, sur le papier, le principe est le même : un professionnel des langues va prendre une production dans une langue A et, par une alchimie linguistique, la fera passer dans une langue B. Pourtant, c’est là que s’arrête la ressemblance.

La traduction en tant que discipline n’a, pour seul point commun avec l’interprétation, que l’action de traduction, c’est-à-dire le passage d’une langue A vers une langue B. Mais d’abord, parlons-nous d’interprétation ou d’interprétariat ? Car oui, il existe deux termes qui désignent sensiblement la même chose. On parle d’interprétariat pour désigner le métier d’interprète, quel que soit le mode d’exercice. L’interprétation, quant à elle, désigne le processus de passage d’une langue a une autre, et non le métier. Pour des raisons de compréhension, nous parlerons d’interprétation, terme qui sera plus parlant.

Examinons donc la différence entre traduction et interprétation.

L’interprétation

Là où la traduction se concentre uniquement sur des supports écrits, l’interprétation concerne exclusivement l’oral. Il s’agit d’une sorte de médiation linguistique et culturelle, et il en existe de plusieurs sortes :

L’interprétation simultanée : c’est l’interprétation en temps réel d’un discours. On peut la retrouver à la télé, lorsqu’une célébrité étrangère est interviewée en direct. L’interprète se place dans une cabine insonorisée, doté d’un casque et d’un micro, et va écouter la personne pour restituer quasi-immédiatement ce qu’elle dit, par-dessus elle, comme une sorte de doublage.

L’interprétation de liaison : elle consiste à traduire un discours entre une ou plusieurs personnes, après que ces personnes ont fini de parler. L’interprète va dans un premier temps écouter le discours de la personne A, traduire ce discours à la personne B, puis attendre que la personne B réponde pour ensuite traduire à nouveau à la personne A, etc.

L’interprétation consécutive : il s’agit de la traduction orale d’un discours à la suite d’un orateur. En règle générale, elle implique une prise de note. On retrouve ce type de traduction lors de conférences par exemple. Avec la multiplication des outils de communication, l’interprétation consécutive peut s’effectuer par visio conférence, ou encore par téléphone.

Les interprètes peuvent travailler en binôme ou en trinôme, afin de se relayer toutes les 20 à 30 minutes

Chacune de ces catégories est un exercice à part entière. L’interprète met en pratique ses connaissances linguistiques, tantôt vers une seule langue, tantôt vers deux ou plusieurs, et en comprend les subtilités culturelles. Il, ou elle, doit faire preuve d’une bonne capacité de synthèse et d’une excellente mémoire. Il faut également être clair et concis, en plus de posséder une bonne capacité d’adaptation et d’improvisation. Des qualités essentielles au métier d’interprète, mais dispensables à celui de traducteur.

Le métier d’interprète étant particulièrement exigeant mentalement, il est souvent nécessaire de faire appel à deux interprètes, afin qu’ils puissent se relayer toutes les 20 à 30 minutes. Cette configuration est essentielle afin de garantir de bonnes conditions de travail aux interprètes, mais surtout pour s’assurer de recevoir une prestation de qualité.

Quelles différences alors ?

Les mécanismes mis en place dans ces deux disciplines sont très différents. L’interprétation va chercher à rendre le sens en priorité. On recherche surtout la rapidité et l’exactitude des informations dans une phrase correcte. Si celle-ci est un peu calquée sur l’originale, on ne s’en offusquera pas, du moment que cela ne crée pas de contre-sens. Pas de superflu lorsque l’on interprète ! Il faut aller à l’essentiel.

La traduction, quant à elle, si elle doit bien évidemment rendre le sens original dans sa retranscription, aspire à un certain respect du support original, à conserver le ton d’écriture, à adapter les jeux de mots et les subtilités. Le traducteur doit rendre un texte équivalent, sur le fond comme la forme. Plus globalement, l’action de traduction ne doit pas se ressentir : la production finale doit donner l’impression que le texte a été écrit par un natif, pour un natif.

Conclusion

L’interprétation diffère de la traduction autant que l’oral diffère de l’écris. Chacun constitue un outil d’expression de sens, et pourtant on ne les utilise pas de la même façon. On ne s’exprime pas de la même manière à l’oral qu’à l’écrit. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, un bon traducteur ne fera pas nécessairement un bon interprète, et inversement.

Pour comprendre ce métier, on ne peut que recommander le film « L’interprète » (2005), réalisé par Sydney Pollack qui suit la vie d’une interprète à l’ONU.

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Article rédigé par Caroline Llorens.

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