Quel est le coût réel de la traduction en interne ?

Traduction : le « fait maison » est-il vraiment le choix le plus économique ?

Depuis quelque temps, nous entendons régulièrement la même remarque :

« Pourquoi faire appel à une agence de traduction alors qu’il existe aujourd’hui des outils capables de traduire un document en quelques secondes ? »

La question est parfaitement légitime.

Et pour être tout à fait honnête, nous utilisons nous-mêmes quotidiennement des outils de traduction automatique et d’intelligence artificielle. Les progrès réalisés ces dernières années sont impressionnants. Certains résultats sont même bluffants.

Pour comprendre rapidement un document, préparer une première version ou gagner du temps sur certaines tâches, ces outils sont devenus incontournables.

Mais après plusieurs années à accompagner des entreprises dans la gestion de leurs contenus multilingues, nous constatons également une autre réalité : les traductions réalisées en interne coûtent souvent beaucoup plus cher que ce que l’on imagine au départ.

Non pas parce que les outils sont mauvais.

Mais parce que la traduction ne se résume pas à produire des mots dans une autre langue.

« On va le faire en interne »

C’est souvent ainsi que les choses commencent.

Un collaborateur maîtrise plutôt bien l’anglais. Un autre connaît quelques notions d’allemand ou d’espagnol. Les outils automatiques font le reste.

Sur le papier, cela semble simple.

Puis arrivent les premières questions :

Quel moteur de traduction utiliser ?
Le résultat obtenu est-il fiable ?
La terminologie de l’entreprise est-elle respectée ?
Qui valide la version finale ?
Qui conserve l’historique des modifications ?
Et surtout : qui a le temps de gérer tout cela ?

Car traduire un document est une chose. Organiser durablement un patrimoine linguistique en est une autre.

Qui vérifie réellement le résultat ?

C’est probablement la question la plus importante.

Nous voyons régulièrement des traductions produites automatiquement qui paraissent tout à fait correctes à première vue. Puis, en les relisant, nous découvrons un faux ami, un contresens ou une formulation maladroite qui modifie complètement le sens du message.

Le problème est simple : lorsqu’aucun locuteur natif ne maîtrise réellement la langue cible, comment savoir si la traduction est bonne ?

Un texte qui semble correct n’est pas forcément un texte qui communique correctement. Dans un contexte marketing, commercial ou technique, cette nuance fait toute la différence.

Le temps passé n’apparaît jamais dans le budget

Lorsqu’une entreprise choisit de gérer ses traductions en interne, elle pense souvent réaliser des économies.

Pourtant, le coût le plus important est souvent invisible. Ce sont les heures passées à rechercher des anciens documents, vérifier des formulations, comparer des versions, relire des contenus ou tenter de retrouver une traduction validée plusieurs mois auparavant.

Ces tâches sont rarement comptabilisées. Elles mobilisent pourtant des salariés dont ce n’est généralement pas le métier.

Nous rencontrons régulièrement des collaborateurs qui gèrent les traductions « en plus » de leurs fonctions commerciales, marketing, techniques ou administratives.

La question mérite d’être posée : est-ce réellement la meilleure utilisation de leur temps ?

Le cauchemar des versions

S’il y a un sujet qui revient systématiquement, c’est celui des versions.

Une brochure est mise à jour.
Le site internet évolue.
Une documentation technique est modifiée.

Quelques mois plus tard, personne ne sait plus précisément quelle version française a servi à produire quelle version anglaise, allemande ou espagnole.

Les fichiers se multiplient. Les noms deviennent de plus en plus créatifs :

Version_finale.docx
Version_finale_v2.docx
Version_finale_v2_corrigée.docx
Version_finale_v2_corrigée_DEF.docx

Nous caricaturons à peine.

Et lorsque plusieurs langues sont concernées, la situation devient rapidement très complexe.
Les outils professionnels de gestion linguistique existent précisément pour éviter ce type de dérive.

Le salarié est parti… et avec lui la mémoire du projet

C’est une situation que nous rencontrons régulièrement. La personne qui gérait les traductions quitte l’entreprise. Quelques mois plus tard, il faut mettre à jour une brochure ou traduire un nouveau catalogue.

On découvre alors que certains fichiers sont introuvables, que les choix terminologiques n’ont jamais été documentés ou que personne ne sait exactement quelles traductions ont déjà été validées.

Le savoir-faire accumulé au fil des années disparaît parfois avec le départ d’un seul collaborateur.

À l’inverse, lorsqu’un projet est géré de manière professionnelle, les mémoires de traduction, les glossaires et les historiques restent disponibles et continuent à produire de la valeur dans le temps.

Le mythe du copier-coller

Nous comprenons parfaitement la logique. Pourquoi payer pour retraduire un texte qui existe déjà quelque part ?

Nous voyons donc régulièrement des entreprises récupérer des passages d’anciens documents, effectuer des copier-coller et reconstituer progressivement une nouvelle version.

Le problème est que cette méthode devient rapidement chronophage.

Encore faut-il retrouver le bon document.
Puis vérifier que le contenu est toujours valide.
Puis s’assurer qu’il correspond au contexte actuel.
Puis contrôler qu’il est cohérent avec le reste du document.

Pendant ce temps, les outils de traduction assistée permettent d’identifier automatiquement les passages déjà traduits, les modifications apportées et les nouveaux contenus à traiter.

C’est plus rapide, plus fiable et souvent bien plus rentable.

Parlons terminologie

C’est probablement le sujet le plus sous-estimé.

Combien de fois avons-nous récupéré un glossaire Excel soigneusement élaboré par une équipe il y a quelques années… avant d’être progressivement oublié ?

Le fichier existe toujours. Quelque part.
Personne ne sait vraiment s’il est à jour.
Personne n’est certain que les derniers choix terminologiques y figurent.

Et pourtant, cette terminologie constitue une partie de l’identité de l’entreprise. Les mots que vous choisissez pour présenter vos produits, vos services ou votre expertise participent directement à votre image de marque.

Une terminologie cohérente renforce votre crédibilité.
Une terminologie incohérente brouille votre message.

Préserver ce capital linguistique demande une méthode et des outils adaptés.

À chacun son métier

Nous ne pensons pas que les entreprises doivent renoncer à la traduction automatique. Bien au contraire. Ces outils font désormais partie du paysage et permettent d’aller beaucoup plus vite.

En revanche, nous pensons qu’il existe une confusion fréquente entre traduire un texte et gérer durablement la communication multilingue d’une entreprise.

Choisir les bons outils, maintenir une terminologie cohérente, conserver l’historique des versions, capitaliser sur les traductions déjà réalisées, éviter les contresens et garantir la qualité finale : tout cela demande du temps, de la méthode et des outils adaptés.

C’est précisément notre métier.

Lorsque nous reprenons des projets gérés en interne depuis plusieurs années, nous constatons souvent les mêmes difficultés : fichiers dispersés, glossaires oubliés, versions contradictoires, traductions impossibles à réutiliser ou connaissances perdues après le départ d’un collaborateur.

Le plus surprenant est que ces problèmes apparaissent rarement dans les budgets. Pourtant, ils représentent un coût réel pour l’entreprise.

La question n’est donc pas : « Combien me coûte une agence de traduction ? »

La vraie question est plutôt :  « Combien me coûte l’absence d’une stratégie linguistique et d’utiliser une agence ? »

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